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Business Central et ses intégrations : API, extensions et flux à cadrer

Un ERP vit rarement seul. Voici comment relier Business Central à votre boutique, vos banques, votre BI ou vos partenaires EDI : l’API, les extensions, les connecteurs utiles en Belgique et la gouvernance.

Mis à jour le 28 octobre 2026

Chercher un connecteur Business Central, c’est presque toujours chercher à supprimer une ressaisie : la commande de la boutique qui doit arriver dans l’ERP, l’extrait de compte qui doit se rapprocher seul, le tableau de bord de direction qui ne doit plus passer par Excel. Cette page fait le tour des intégrations de Business Central, de l’API aux extensions, et explique comment les cadrer pour une entreprise belge.

Les trois voies pour relier Business Central au reste de votre système

Avant de parler de produits, il faut distinguer trois manières de connecter l’ERP. Elles n’ont ni le même coût de départ, ni la même charge de maintenance.

Voie Principe Quand la retenir
Extension prête à l’emploi Application installée depuis Microsoft Marketplace Le besoin est courant et l’extension couvre vos règles
Connecteur Microsoft Fonction livrée avec Business Central, comme le connecteur Shopify Le besoin correspond à l’outil visé et au périmètre prévu
API et développement Flux écrit sur mesure autour de l’API REST Application métier spécifique, règles particulières

Le bon choix commence toujours par la même question : le flux est-il standard, ou propre à votre façon de travailler ? Pour un flux standard, l’extension ou le connecteur évitent de maintenir du code. Pour un flux atypique, mieux vaut un développement propre que dix contournements. Le développement sur mesure a sa propre page.

L’API Business Central : ce qu’il faut savoir

Business Central expose une API REST (v2.0) pour le relier à des solutions tierces. En ligne, ces API sont activées par défaut : aucune installation côté serveur n’est à prévoir. C’est la base de la plupart des intégrations sur mesure, qu’il s’agisse d’une application métier interne, d’un portail client ou d’un outil de planification.

Trois points pèsent sur la conception d’un flux.

Les champs ne s’ajoutent pas à une API standard

Il n’est pas possible d’ajouter un champ à une API standard. Si votre application a besoin d’une donnée absente, on copie le code AL de l’API et on crée une API personnalisée. C’est une opération courante, mais elle suppose un développeur AL et un suivi lors des montées de version.

Les limites d’appels

Pour OData V4, les limites en ligne s’appliquent par utilisateur : cinq requêtes simultanées, cent connexions et une fenêtre glissante de 6 000 requêtes sur cinq minutes. Au-delà, le service renvoie un code HTTP 429. Concrètement, un flux qui relit tout le catalogue à chaque passage se heurtera vite à ces seuils. On privilégie les synchronisations par lots, les modifications depuis la dernière exécution et une reprise propre après un refus.

API, OData ou SOAP

Microsoft recommande l’API ou OData plutôt que SOAP, appelé à être déprécié. Si un outil de votre parc ne parle encore que SOAP, c’est un point à traiter dans le cadrage, pas au moment de la mise en service.

Extensions et Marketplace : le catalogue de connecteurs

En ligne, on étend Business Central par des applications, souvent appelées extensions, installées depuis Microsoft Marketplace. Elles évitent de modifier le cœur de l’ERP, ce qui facilite les mises à jour. Des pages « Connectivity Apps » et « Banking Apps », présentes depuis la deuxième vague de versions de 2022, orientent vers des applications de connexion à des services externes, par exemple l’import de transactions bancaires.

Avant d’installer une extension, vérifiez quatre points :

  • l’éditeur est-il identifiable, avec un support joignable dans votre langue ?
  • l’extension couvre-t-elle votre cas, et pas seulement le cas général de sa description ?
  • que se passe-t-il à la prochaine mise à jour de Business Central : qui l’adapte, et sous quel délai ?
  • quel est le modèle de licence, et s’ajoute-t-il à celui de l’ERP ?

Les tarifs de Business Central lui-même sont décrits dans la page prix de Business Central ; ceux des extensions se lisent chez leurs éditeurs.

Relier Business Central à Power Platform et aux produits Microsoft

Un environnement Business Central peut être lié à un environnement Power Platform de même type, production ou bac à sable. Ce lien est exclusif : il sert de cible par défaut aux intégrations avec Power Platform et d’autres produits Dynamics 365. À retenir pour un projet : on ne relie pas un environnement de test à la production par erreur, et on décide tôt quel environnement Power Platform sert à quoi.

Cet écosystème intéresse en premier lieu les entreprises déjà équipées d’outils bureautiques Microsoft : messagerie, tableurs, automatisations légères. Pour la BI, on peut s’appuyer sur l’API ou sur OData pour alimenter un outil de reporting, en gardant en tête les limites d’appels décrites plus haut. La BI s’alimente de préférence en dehors des heures de travail, par extractions planifiées plutôt qu’en direct permanent.

E-commerce : le connecteur Shopify et les autres boutiques

C’est le connecteur le plus documenté de Business Central. Le connecteur Shopify synchronise produits, stocks, clients, commandes, expéditions, transactions et versements entre Shopify et l’ERP. Il prend en charge plusieurs boutiques et importe les commandes des boutiques en ligne, de Shopify POS et du B2B.

Du côté des articles, la synchronisation joue dans les deux sens : images, variantes, codes-barres, étiquettes et métachamps. On peut aussi exporter les attributs, les textes marketing et les traductions, ce qui compte pour un commerçant qui vend à la fois en néerlandais et en français. Les prix exportés reposent sur les groupes de prix clients et les remises que vous choisissez : la politique tarifaire se prépare donc dans l’ERP, avant d’être publiée en ligne.

La synchronisation des produits, des stocks, des commandes et des expéditions peut tourner en arrière-plan grâce à la file de travaux (job queue) de Business Central, avec une journalisation détaillée pour le dépannage. C’est utile pour savoir pourquoi une commande n’est pas arrivée, sans fouiller dans les deux systèmes.

Pour une autre plateforme de vente ou une place de marché, il n’y a pas de connecteur Microsoft à citer ici. Deux pistes : une extension de Marketplace, ou un flux construit sur l’API. Dans les deux cas, faites tester les cas difficiles : retours, remises, commandes partielles, TVA selon le pays du client. Le sujet est approfondi côté métier dans l’ERP pour l’e-commerce et, pour la logistique, dans la page stocks et achats.

Banques, paiement et comptabilité en Belgique

En Belgique, la première attente tient presque toujours aux extraits bancaires : les récupérer, les rapprocher des écritures, payer les fournisseurs. Business Central dispose de pages dédiées aux applications bancaires, avec l’import de transactions bancaires pour exemple. La question à poser à l’intégrateur n’est pas « existe-t-il un connecteur ? » mais « avec quelles banques que nous utilisons, dans quel format, et avec quel rapprochement automatique ? ».

Quelques réflexes belges :

  • listez vos banques et vos flux : extraits à importer, virements groupés, domiciliations ;
  • demandez si votre comptable ou votre fiduciaire reprend les écritures par fichier ou par accès direct ;
  • précisez les moyens de paiement des clients (virement, carte, paiement mobile) pour que le prestataire de paiement se rapproche correctement des factures ;
  • faites tester un cycle complet : facture, encaissement, lettrage.

Le contenu comptable de l’ERP est détaillé dans la page comptabilité et finance.

Peppol, TVA belge et connecteurs du pays

Pour la Belgique, la localisation compte. Microsoft fournit directement la localisation de Business Central dans 21 pays, dont la Belgique. Pour les autres pays, ce sont des applications de localisation développées par des partenaires, trouvables sur Marketplace. Les entreprises belges ne sont donc pas dans ce second cas, ce qui simplifie le point de départ.

Ensuite viennent les flux propres au pays : la facturation électronique B2B par le réseau Peppol, la déclaration de TVA et les échanges avec votre comptable. Ces sujets évoluent avec la réglementation ; plutôt que de figer ici un état des lieux, renvoyons aux guides dédiés : la facturation électronique Peppol et la TVA belge dans un ERP. Demandez à l’intégrateur de vous montrer, sur votre version et dans votre environnement, comment l’envoi et la réception de factures par Peppol fonctionnent, et si un point d’accès ou une extension s’y ajoute.

EDI, signature, outils bureautiques : les intégrations du quotidien

D’autres connexions reviennent régulièrement dans les projets, même si elles n’ont pas toutes un connecteur Microsoft :

  • EDI : surtout dans le négoce, la distribution et l’industrie, où un grand client ou un grossiste impose des messages standardisés. Le flux se fait par extension ou par prestataire EDI qui s’appuie sur l’API.
  • Signature électronique : contrats, bons de commande, accords de livraison. On vérifie où le document signé revient et s’il s’attache à la fiche du client.
  • Outils bureautiques : export vers tableur, publipostage, échanges avec la messagerie. Rien à développer dans la plupart des cas ; une limite de volume reste possible.
  • Transport et logistique : étiquettes, suivi de colis, interface avec un entrepôt externe, abordés dans l’ERP pour le transport et la logistique.

La même discipline vaut pour tous : une liste claire des données échangées, du sens du flux et de la fréquence.

Comment cadrer un flux d’intégration

Un flux mal décrit devient un incident récurrent. Voici la trame de cadrage que nous recommandons de demander à l’intégrateur, flux par flux.

Question Ce qu’on attend comme réponse
Quelle donnée circule ? Liste précise : clients, articles, commandes, écritures
Dans quel sens ? Un sens ou deux, avec la règle en cas de conflit
Qui est la référence ? Un seul système maître pour chaque donnée
À quelle fréquence ? Temps réel, planifié ou à la demande
Que se passe-t-il en cas d’erreur ? Alerte, reprise, journal consultable
Dans quel environnement teste-t-on ? Un environnement de test distinct de la production

Le principe du maître unique évite beaucoup de problèmes : si le prix est géré dans l’ERP, la boutique ne le modifie pas. Si la fiche client se crée dans le CRM, l’ERP la reçoit mais ne la recrée pas. Cet arbitrage ne se délègue pas à la technique : il engage vos équipes commerciales, comptables et logistiques. Les modules de Business Central et la page ventes et CRM aident à fixer le périmètre.

Qui maintient une intégration ?

C’est la question que l’on pose trop tard. Une intégration n’est pas livrée une fois pour toutes : elle dépend de trois produits qui évoluent chacun de leur côté, l’ERP, l’application connectée et le connecteur qui les relie.

  • Une extension de Marketplace est maintenue par son éditeur. Vérifiez son contrat de support.
  • Un connecteur Microsoft suit le rythme des versions de Business Central, mais sa configuration reste de votre côté ou de celui de l’intégrateur.
  • Une API personnalisée ou un flux sur mesure relève de qui l’a écrit : l’intégrateur par un contrat de support et maintenance, ou votre équipe informatique.

Dans le contrat, nommez celui qui surveille les erreurs, celui qui teste après une mise à jour, et celui qui décide quand une commande bloquée doit être traitée à la main. Ce dernier point règle bien des litiges.

Intégrer avant ou après la mise en service ?

On a tendance à repousser les intégrations « à plus tard ». C’est parfois raisonnable, parfois coûteux. Une règle simple : tout ce dont dépend la facturation, l’encaissement ou l’expédition doit être prêt au démarrage ; les confort peuvent attendre une deuxième phase. La page mise en œuvre de Business Central décrit comment ce découpage s’intègre dans le projet, et le guide sur la migration rappelle les liens avec la reprise des données.

Si votre projet comprend beaucoup de connexions, il est aussi prudent de comparer les solutions sur ce critère, par exemple dans notre comparatif Odoo et Business Central, car le coût d’une intégration pèse autant que celui de la licence.

Trouver l’intégrateur qui a déjà connecté ce que vous utilisez

Une bonne référence vaut mieux qu’une promesse : demandez à l’intégrateur un projet comparable, avec la même boutique, la même banque ou le même format EDI. Nous ne sommes affiliés à aucun éditeur et ne réalisons pas les projets : nous vous mettons en relation avec un intégrateur adapté à votre besoin, sans frais pour vous. Pour savoir comment choisir, consultez la page choisir un intégrateur Business Central ; pour le fonctionnement du service, la page comment ça marche.

Questions fréquentes

Business Central dispose-t-il d’une API pour relier d’autres logiciels ?

Oui. Business Central expose une API REST (v2.0) destinée aux solutions tierces, activée par défaut en ligne. Microsoft recommande l’API ou OData plutôt que SOAP, appelé à être déprécié. Si une API standard ne contient pas un champ dont vous avez besoin, on ne peut pas l’ajouter : il faut créer une API personnalisée à partir du code AL.

Existe-t-il un connecteur Business Central pour une boutique en ligne ?

Microsoft fournit un connecteur Shopify. Il synchronise produits, stocks, clients, commandes, expéditions, transactions et versements, gère plusieurs boutiques et importe les commandes en ligne, du point de vente Shopify et du B2B. Pour une autre plateforme ou une place de marché, il faut chercher une extension sur Marketplace ou prévoir un développement sur l’API.

Les appels à l’API Business Central sont-ils limités ?

Oui, en ligne. Pour OData V4, les limites s’appliquent par utilisateur : cinq requêtes simultanées, cent connexions et une fenêtre glissante de 6 000 requêtes sur cinq minutes. Au-delà, le service répond par un code HTTP 429. Un flux mal conçu, qui interroge l’ERP ligne par ligne, atteint vite ces seuils ; on le conçoit donc par lots et avec une reprise sur erreur.

Où trouver les extensions et connecteurs bancaires pour la Belgique ?

Les extensions s’installent depuis Microsoft Marketplace. Business Central propose aussi des pages « Connectivity Apps » et « Banking Apps », dédiées aux services externes, dont l’import de transactions bancaires. La Belgique fait partie des pays où Microsoft fournit directement la localisation ; la disponibilité d’un format ou d’une banque précise se vérifie avec l’intégrateur avant le projet.

Qui maintient une intégration après la mise en service ?

Cela se décide par écrit dès le cadrage. Une extension du commerce est maintenue par son éditeur, une API personnalisée par l’intégrateur ou par votre équipe interne, et l’application tierce par son propre fournisseur. Précisez qui surveille les erreurs, qui corrige après une mise à jour de Business Central et qui répond en cas de blocage des commandes.

Sources

  1. Microsoft Learn – API REST v2.0 de Business Central
  2. Microsoft Learn – Limites opérationnelles de Business Central en ligne
  3. Microsoft Learn – Environnements et centre d’administration
  4. Microsoft Learn – Extensions de Business Central
  5. Microsoft Learn – Connecteur Shopify
  6. Microsoft Learn – Localisations de Business Central

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